Les premières sœurs de la Providence arrivent dans le canton de Berne au cours du XIXème siècle. A cette époque, dans les différentes localités, chaque sœur est seule et s’occupe des enfants.
En 1837, deux écoles sont ouvertes à Bassecourt et à Glovelier. D’autres fonctionnent dans le pays d’Ajoie (Alle – Boncourt – Bournevésin – Bonfol – Buix.)
Les évènements politiques qui agitent bien des cantons suisses vers 1848, amènent la fermeture de ces petits établissements.
Implantation à Lucerne :
Le 29 septembre 1843, un orphelinat est ouvert à Lucerne, avec la présence de quatre sœurs. La communauté sera fermée le 30 septembre 1847, car certains cantons de Suisse expulsent les congrégations religieuses étrangères.
En 1968, une nouvelle implantation à Lucerne voit le jour. Un appartement est loué à la Sälistrasse. En effet, il rexiste à Lucerne une possibilité de formation en théologie et catéchèse depuis 1964.
Quatre sœurs viendront à Lucerne pour y suivre une formation, ou travailler dans le monde de la santé.
Sœur Maria Pia est responsable de la communauté. Sa mort brutale , le 28 août 1975, surprend tout le monde. Il n’y a plus de jeunes à former, et la fermeture de la communauté s’impose en 1976.
Implantation à Bâle :
Après la Réforme protestante qui a brisé l’unité catholique, le Père Roman HERR, premier Prêtre catholique après la Réforme, fonde en 1798 la commune catholique de Bâle et il ouvre en 1800, l’école catholique de filles qui prendra vraiment son essor en mars 1813, grâce à la reconnaissance officielle par un décret du canton de Bâle.
Le 9 juin 1839, une décision est prise d’envisager une école de fille dans les locaux du presbytère de la paroisse Sainte-Claire.
Une aide inattendue va rendre possible cette décision. Des dames de Paris offrent une somme d’argent conséquente et demandent en retour, que l’école de filles soit tenue par deux sœurs de la Providence.
Ces deux sœurs arrivent en 1839. On suppose qu’il s’agit de Sœurs de Ribeauvillé !...Elles ne devaient pas porter de costume et ne devaient avoir aucun signe extérieur.
En 1842, arrive une contestation, suite au port du costume par une sœur qui accompagnait des élèves à l’église Sainte-Claire.
Le 13 novembre 1843 arrivent les premières sœurs de la Providence de Portieux qui reprennent l’école de filles, transférée au 3 Riehentorstrasse en 1850.
Elle sera fermée en 1884 et donnera naissance à un ouvroir qui sera prospère et durera jusqu’en 1965, date à laquelle s’ouvre un hôpital catholique.
Le 1er juillet 1893, la Commune catholique prend officiellement l’administration des œuvres. Les sœurs restent comme employées, mais elles ne sont ni reconnues, ni payées.
En 1908, une démarche des autorités vient demander à la Congrégation de continuer l’exploitation de l’hôpital à ses frais. Cette dernière refuse et l’assemblée communale de la RKG décide de fermer l’Hôpital Catholique. Ce qui se réalisera en 1910.
La création, en 1924, d’un Hôme d’enfants au 93 Oberer Rheinweg voit arriver de nombreuses jeunes filles. Sœur Agnès MARENGHI en sera la Directrice.
Il sera reconnu par l’Etat en 1990, deux ans avant le décès de Sœur Agnès.
La direction est alors confiée à Sœur Luzia PORTMANN, jusqu’à sa fermeture en 1999.
Les Sœurs de la Providence ont assuré, dans ce même temps, l’animation de plusieurs paroisses de Bâle en tant que pastorales de la catéchèse.
Une communauté de Sœurs subsiste à Bâle. Les sœurs sont toutes à l’âge de la retraite, mais elles restent fidèles à visiter les paroisses qu’elles ont longtemps servies. Leur consolation est de voir que toutes les œuvres continuent d’une autre façon, prises en charge par les laïcs. Elles espèrent que tout soit fait « pour remplir les vues de la miséricorde de Dieu », et dans un esprit d’abandon à la Providence.
Avant de conclure cet article, il est bon de mentionner que les Sœurs de Vitteaux, issues de Portieux, se sont implantées en différents endroits de la Suisse entre 1903 et 1913 :
A Fribourg, pour y tenir une clinique,
A Cheiry, sur le bord du lac de Neufchâtel, pour y tenir une école,
A Aumont, où elles tiendront un collège,
A Nuvilly, où s’ouvrira une école,
A Grolley, dans le canton de Fribourg, où une autre école fonctionnera jusqu’en 1909
Rome via Zanardelli1840 – 1968
En 1840 (cf. tome II p. 312 - 316) les sœurs de la Providence sont appelées à Rome par la Princesse Guindalina de la ROCHEFOUCAULD qui les a connues à Maignelay (Oise). Elle les recommande à sa parente, la princesse Adélaïde BORGHESE.
D'abord reçues par les Dames du Sacré-Cœur à Sainte-Rufine, elles y demeurent quatre mois pour étudier l'italien.Les trois premières sœurs sont : Sœur Thérèse DIDIER, Sœur Céline GALLET et Sœur Anatolie FERRY auxquelles se joignent ensuite Sœur Constance LAMBERT et Sœur Gonzague LANTIAUX.La princesse Adélaïde leur donne pour habitation une dépendance du palais Borghèse.
La mission qui leur est confiée est l'éducation gratuite des enfants du peuple, mission correspondant au charisme de J. M. MOYE, qu'elles commencent le 1er mars 1841
Malgré les difficultés de climat et de langue, leur établissement ne tarde pas à prospérer. Bientôt la classe enfantine compte cent dix petites filles et les trois autres classes en regroupent quatre cent cinquante de sept à onze ans. Faute de place, les sœurs ne peuvent répondre à la demande.
Un ouvroir est d'ailleurs ajouté. Il forme, aux travaux de couture et de coupe, une vingtaine de jeunes filles au-dessus de seize ans.
La nouvelle communauté est reçue par Grégoire XVI, le 8 juillet 1841 puis par son successeur Pie IX, le 11 mars 1853. Ce dernier vient lui-même visiter les classes et interroger les élèves.
Les sœurs mettent tout leur soin et tout leur dévouement, non seulement à instruire les enfants mais aussi à les former à la piété. Ainsi les dimanches et jours de fête, les jeunes filles de onze à seize ans arrivent, dès six heures du matin en été, sept heures en hiver, pour la prière du matin suivie d'une méditation. Après la messe, la Congrégation des Filles de Marie comptant environ soixante-dix participantes se réunit pour un exercice qui dure de dix heures un quart à onze heures. L'après-midi est occupé par une instruction donnée par un prêtre. Plus de deux cents personnes y prennent part, après avoir d'abord prié le chapelet...Dans son compte rendu de 1850 sur l'établissement de Rome, Sœur Thérèse DIDIER écrit
"Rome est un vaste couvent, c'est le ciel de la terre, Dieu y est loué nuit et jour dans les monastères, dans les maisons pieuses, dans les églises. Pour nous, nous sommes les plus fortunées des filles de notre Fondateur ; le Seigneur nous déverse ses grâces en surabondance à nous et à nos chères enfants, sur lesquelles nous avons une entière autorité parce que, chez nous leur vient tout leur bien spirituel et corporel, aussi y restent-elles jusqu'à leur mariage. Depuis neuf ans passés, mon Dieu, quel changement dans notre quartier ! Et cela, grâce à l'éducation que reçoivent les enfants par la charité de la bonne Princesse" (1).
En 1876, Mère Saint-Louis FIEVET (1) visite une seconde fois, ses filles de Rome. Elle est accompagnée de Soeur Léocadie BOURCERET, première supérieure de la Maison Saint-Jean de Portieux.
La partie du palais concédée aux sœurs devient vraiment trop petite pour le nombre toujours croissant des élèves. En 1877, Monsieur le Chanoine STEINER, par deux fois, traite d'un agrandissement avec le marquis GIUSTINIANI. Les affaires ne s'arrangent pas, aussi le supérieur ne peut-il se rendre à Portieux pour le Chapitre général. Dans une circulaire du 1er août, il en avertit les sœurs.
"Il s'agissait pour nous, ou bien d'abandonner nos écoles de Rome à cause des conditions inacceptables et des difficultés insurmontables qui ne nous permettent plus de rester dans l'habitation que nous occupions depuis dix-huit ans, ou bien de les conserver en trouvant un autre local où nos sœurs pourraient s'établir d'une manière moins précaire et élever en paix les enfants que la Providence leur confie.
Le Souverain-Pontife qui n'ignorait pas notre situation, ayant eu la bonté de me faire connaître son désir de voir nos sœurs rester à Rome, je ne puis que me mettre à l'œuvre ; et, sans compter ni le temps, ni les démarches, ni les sollicitudes, nous avons pu, avec la grâce de Dieu, trouver une demeure convenable pour nos sœurs..."
La nouvelle maison est le palais Sacripanti, bâti par le Cardinal Laurent CORSINI, élu Pape sous le nom de Clément XII (1730 - 1740). C'est ainsi qu'à la fin de septembre 1877, les sœurs quittent le palais Giustiniani pour le nouveau palais dont les locaux sont Piazza Fiammetta. La supérieure, pleine de reconnaissance envers la Sainte-Vierge qui avait montré en cette affaire sa puissante intervention, veut que le magnificat soit écrit en lettres d'or tout autour de la chapelle de l'établissement.
Dix ans plus tard, en 1887, la ville de Rome exproprie une partie de l'immeuble pour créer une large rue, via Zanardelli aboutissant au palais de Justice, en construction. Il faut alors construire une deuxième façade sur cette nouvelle rue.
La démolition d'une ancienne maison permet la construction d'une nouvelle chapelle plus vaste. Malgré les apparences luxueuses à l'extérieur et dans le parloir qui était les salons du palais Sacripanti, les sœurs conservent le véritable esprit du Fondateur. La pauvreté et la simplicité restent en honneur dans la communauté et l'école continue à prospérer.
En France les lois de laïcisation frappent doulereusement la Congrégation.Mère Julienne HUIN est obligée de fermer le noviciat. Elle demande à la Sacrée congrégation de Rome de’ouvrir un noviciat à Rome, via ZANARDELLI. MLa réponse arrive rapidement le 11 mars 1903 signée par le Cardinal FERRATA.
En 1904 des jeunes romaines entrent dans la Congrégation et prononcent leurs vœux à Rome. Quatre jeunes sœurs et une postulante arrivent de Portieux .
La communauté de Rome poursuit sa mission d’enseignante. En 1937 des démarches furent faites pour la reconnaissance juridique de la Maison de Procure de l’institut.
Le 25 avril 1938 un décret signé par le roi Victor Emanuele III et par Mussolini reconnait la personnalité juridique de la maison de Procure.
A partir de 1960 le nombre des élèves diminue. Les Supérieures commencent à réfléchir sur la fermeture de cette maison.
Au mois de novembre 1968 un contrat de vente est signé avec les responsables de l’USMI (Union supérieures majeures italiennes). C’est un don à l’Eglise plus qu’un achat, car la valeur immobilière était supérieure de beaucoup à l’offrande reçue.
La maison Via ZANARDELLI a été habitée par les sœurs de la Providence de Portieux pendant 90 ans. Le 7 décembre 1968, elles quittent définitivement le palais de via Zanardelli.
Une communauté est ouverte dans une banlieue de Rome Viale ALESSANDRINO.
Maison Viale Alessandrio ROME
La Province d’Europe est implantée aujourd’hui dans trois pays d’Europe:
France Italie Suisse

Notre vie religieuse est présente dans des lieux de fracture, dans les « périphéries
existentielles » comme les appelle notre Pape François qui ne sont pas uniquement
des lieux géographiques mais aussi des états de vie. Par notre vie religieuse, nous
vivons au cœur de ce monde que nous aimons… pour partager l’espérance qui nous
habite, la charité d’un Dieu qui aime chacun en profondeur, la foi qui nous invite à
croire en l’avenir.
Notre vie religieuse de Sœur de la Providence n’a jamais cessé de s’adapter aux
situations multiples et aujourd’hui encore elle continue de le faire en tenant compte
de chacune et de son histoire personnelle. Nous vivons dans une Europe où les
moyens de communication et d’information n’ont jamais été aussi performants et
pourtant les personnes n’ont jamais été aussi seules.
Comme Sœurs de la Providence, les missions ont évolué, ont changé pour s’adapter
aux nouvelles réalités sociales, économiques, pastorales.
Les sœurs sont bénévoles dans des missions qui s’adaptent aux nouveaux besoins de notre société.
- monde du handicap; aumônerie d’hôpital ou d’EHPAD, maison de retraite.
- Aumôneries auprès des migrants et accueil dans la maison de Rome
- Prisons
- Gens de la rue
- Monde des réfugiés, des sans papier.
- Accueil spirituel
- Accompagnement des familles en deuil, funérailles,…
- Echanges interreligieux, œcuménique surtout en Suisse…
- Visites aux personnes âgées :
- Accueil dans les communautés pour écouter, partager…
- Haltes spirituelles.
- Accueil à Portieux, tout au long de l’année, des personnes, des groupes qui cherchent un lieu de rencontre, un lieu de prière, un lieu de réflexion et de partage avec d’autres...
Seul deux religieuses est ont encore une activité salariée : dans l’enseignement et auprès de personnes handicapées mentales.
LA VIE DES COMMUNAUTES
La vie en communauté est implantée au cœur d’une diversité internationale de plus en plus importante qui permet des échanges entre mondes différents
Presque toutes les communautés participent à un réseau pour un échange plus élargi.
L’INTERCONGREGATION
Les liens entre la famille Providence - Portieux, Saint-Jean de Bassel, Champion, Gap, Ribeauvillé se sont renforcés. Nous vivons ensemble des retraites, des sessions et accueillons des sœurs de passage souvent en pèlerinage sur les « Pas de Jean Martin Moye ». Nous nous aidons mutuellement pour l’animation de WE.
Des retraites spirituelles se vivent de plus en plus en Intercongrégation
LES LAÏCS
Si le groupe « Jean Martin MOYE » de Portieux n’existe plus, les laïcs sont de plus en plus nombreux à participer aux rencontres, aux fêtes, aux événements de Congrégation proposés à Portieux, pour découvrir notre spiritualité.
En France il n’y a plus d’écoles qui appartiennent aux sœurs, mais des laïcs ont pris la relève et continuent de faire vivre le charisme autant que possible .
Les nouveaux statuts de l’enseignement catholique invitent les écoles à développer les liens avec les Congrégations.
En Eglise
L’Eglise n’est plus avec le même pouvoir que nous lui avons connu dans le passé. Sa parole et son comportement sont de plus en plus « évangéliques ». Elle ne prend plus une place importante dans les choix de la société qui s’est dégagée de son influence. La laïcité est grandissante.
Cependant, l’Eglise, plus évangélique, reste une force morale parmi d’autres et elle a davantage de contacts avec des masses de jeunes.
L’Année de la Vie Consacrée en 2014 a redonné du souffle et a permis de découvrir la vie religieuse et consacrée, méconnue de beaucoup. Au cours de cette année, des rencontres entre congrégations, laïcs, prêtres et religieuses et consacrés se sont multipliées.
Portieux

29, Rue Maurice Coindreau
B.P. 188330 PORTIEUX.
FRANCE
Bureau 03.29.29.19.50
Fax 03.29.29.19.53
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