Les jours où j’ai été envoyée en mission en Côte d’Ivoire ont été vraiment courts. Me voilà déjà en train de me préparer à quitter la paroisse de Transua, où j’ai servi durant ces six derniers mois. Je prends le temps de m’arrêter dans le silence, de relire le chemin de cette mission, en ce lieu où je n’aurais jamais imaginé avoir un jour la grâce d’être envoyée.

- Je rends grâce à Dieu de m’avoir accordé ce temps et cet espace pour me permettre de faire une expérience plus profonde de la “Providence” divine. Là où Dieu place les êtres humains pour vivre, Il est présent ; Il leur donne les conditions nécessaires pour subsister et se développer, selon le climat et la terre qui leur sont propres, même au milieu des difficultés, des pauvretés et des labeurs…

- Je remercie la Supérieure de m’avoir donné l’occasion de découvrir le pays et la culture de la Côte d’Ivoire. En réalité, je n’ai vu et compris qu’un tout petit coin autour du village, face à l’immensité de tout ce qui m’était encore totalement inconnu.

- Je remercie les sœurs en mission à Transua de m’avoir offert tant d’occasions de vivre avec elles, de faire des rencontres, de visiter ensemble, de porter la Sainte Communion aux personnes âgées et malades qui ne pouvaient se rendre à l’église, ainsi que de visiter certaines familles de la paroisse de Transua et de participer aux célébrations eucharistiques dans les villages éloignés de la paroisse. La communauté de Bondoukou m’a également accordé du temps pour vivre avec les sœurs et visiter leurs lieux de mission.

- Je remercie le peuple de la Côte d’Ivoire, adultes comme enfants, pour les poignées de main chaleureuses, les sourires bienveillants, l’hospitalité généreuse et ces regards lumineux, pleins de force et de courage, dont j’ai tant appris auprès des habitants de ce pays. Un courage qui ne défie pas les difficultés, mais qui les traverse avec une noblesse héroïque. Les épreuves nous attendent toujours !

Quand j’évoque la Côte d’Ivoire, que me revient-il en mémoire ?

- Serait-ce ce pays d’Afrique de l’Ouest doté de plus de 500 km de côtes, mondialement reconnu comme l’un des plus grands producteurs de cacao ? Ou bien cette terre à la culture si riche, habitée par de nombreux groupes ethniques parlant diverses langues locales, et marquée par des costumes aux couleurs éclatantes…

- Non ! Ce dont je me souviens le plus, ce sont les regards de ces hommes et de ces femmes qui “ont la tête sous le ciel et les pieds sur la terre.” Dès l’aube, ils partent travailler aux champs ; le soir, chacun rentre en portant sur la tête du bois, des régimes de bananes, du manioc ou des ignames. Éprouvés par une journée entière de labeur, leurs yeux demeurent pourtant lumineux, reflétant une foi et une force intérieure extraordinaires, façonnées par le temps, malgré une terre souvent aride et pierreuse, et un climat parfois très rude.

- Chaque jour, des femmes et même des enfants vont chercher de l’eau pour les besoins quotidiens… Ils portent sur la tête de grands bidons ou des bassines remplies d’eau. Ils ne se plaignent pas : avoir de l’eau à utiliser est déjà une joie ! À travers cela, j’ai mieux compris combien il est nécessaire d’économiser l’eau, surtout en cette période de sécheresse.

- Comment pourrais-je oublier ces célébrations eucharistiques débordantes de joie, rythmées par les applaudissements et les danses dès le début de la messe ? J’ai été très surprise de voir des enfants porter des cageots de tomates ou d’oignons, des adultes apporter des régimes de bananes, des sacs de riz d’environ cinq kilos ou encore un “bloc” de six grandes bouteilles d’eau minérale, tout en chantant et en dansant pour la procession des offrandes. Ils sont profondément généreux. Leur esprit d’offrande et leur largesse me rappellent la leçon de Jésus autrefois : Une pauvre veuve vint aussi et mit deux petites pièces de monnaie… Alors Jésus appela ses disciples et leur dit : “Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tous les autres.” (Mc 12, 42-43) La vraie richesse ne se trouverait-elle pas, non pas dans ce que nous possédons, mais dans la manière dont nous donnons ?

Ce qui m’a profondément émue durant mon séjour à Transua, c’est la foi des villageois en Dieu, exprimée d’une manière si simple et si authentique. J’ai eu la grâce de participer à la messe du 25 décembre 2025 à l’église Saint-Joseph de Souromani, rassemblant fidèles de trois villages ; l’Évangile y fut donc proclamé en trois langues. Pour la fête de Noël, l’église était décorée de quelques guirlandes scintillantes et de ballons ; sous un petit crucifix suspendu en hauteur contre le mur, figurait simplement l’image du “Père Noël”  - rien de plus. Et pourtant, la joie profonde de la fête de l’Incarnation du Verbe s’exprimait avec une intensité saisissante à travers chaque pas de danse, chaque chant, portés aussi bien par les adultes que par les enfants, dans une louange débordante et vibrante. Oui ! Il y a plus de deux mille ans déjà, les anges avaient annoncé la Bonne Nouvelle à des bergers simples et humbles, semblables à ceux-là !

Le temps que j’ai passé ici a été très court, mais en moi, il ne demeure pas seulement un simple souvenir fugace… Il y a aussi une profonde préoccupation, un rêve, et surtout une prière qui se prolonge jour après jour, en communion avec les sœurs de la Providence en Côte d’Ivoire :
Quel avenir pour la mission de la Congrégation ? Quel avenir pour les enfants, pour les jeunes filles que j’ai rencontrées en ces lieux ?

Seigneur, comme une petite fleur qui pousse au milieu d’un désert à la terre sèche et craquelée, Tu continues de veiller sur elle pour qu’elle fleurisse et répande son parfum… Je Te confie le rêve de la mission, le rêve des vocations des sœurs de la Providence en cette terre, ainsi que les enfants et les jeunes filles que Tu nous as confiés à travers la mission éducative. La parole de notre Bienheureux Père, prononcée il y a plus de 260 ans, résonne encore aujourd’hui comme une bénédiction pour nous : Que la grâce de Dieu soit toujours avec vous. Je désire ardemment que vous enseigniez les jeunes filles avec zèle. C’est par une grâce particulière que Dieu vous a appelées à cette œuvre. Je vous demande d’y collaborer fidèlement, en contribuant aux desseins de Dieu et en accomplissant sa volonté. (HD, p. 285)

Je quitte ce lieu avec un cœur rempli d’action de grâce et de reconnaissance.

Reconnaissance pour avoir pu vivre au milieu des sœurs en cette terre, reconnaissance pour l’opportunité de partager la vie avec des personnes extraordinaires, reconnaissance enfin parce que cette expérience m’a permis de prendre plus profondément conscience de la solidarité avec tous, portée par un cœur de compassion…“En communautés apostoliques, nous sommes responsables ensemble de ce PROJET de Congrélation. La spiritualité apostolique de Jean - Martin Moyë fait de nous des “veilleurs”. Elle nous conduit à devenir des instruments du dessein bienveillant de Dieu sur l’univers tout entire (Eph.1) dont le Christ, Jésus de Nazareth, a pleinement assumé et transfiguré la réalité en son Incarnation.(Extrait de la préface du livre des Constitutions, par sœur Marie-Claude FAURE, Supérieure générale)

Tout est don de Dieu. Je confie avec confiance toutes choses entre les mains de la Divine Providence pleine d’amour, et je fredonne ce chant si familier : “La Divine Providence, dans sa miséricorde, accorde toujours mille grâces à ceux qui mettent en Elle leur confiance et leur amour… ”.

Transua le 03 Février 2026

Sr. Marie Chantal BTK Loan

 

 

 

 

 

 

 

Dans les contrées lointaines d’Afrique, la voix de Dieu retentit encore : ‘‘La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson’’. (Lc 10,2)’’.

 

 

 

 

Une session sur ‘‘la vie Consacrée’’ a été organisée à Transua (Côte d’Ivoire) du 17 au 20 juin 2024, par nos religieuses, guide par le Père Dussin Dino, Congrégation PIME, d’Italie. Cette session de recyclage est pour but d’aider les ouvriers sur le terrain de la mission, afin qu’ils puissent toujours tenir bon, face aux difficultés tout en accomplissant leur mission. Ces ouvriers moissonnent et sèment en même temps pour que l’Eglise ait davantage d’ouvriers qui moissonnent avec enthousiasme dans le champ prêt pour la récolte.

SESSION SUR "LA VIE CONSACREE" A TRANSUA

DU 17 AU 20 JUIN 2024

A Transua, les Sœurs de la Providence recherchaient continuellement les moissonneures pour la moisson. Trouver les ouvrières prêtes à suivre les traces du Père Jean Martin Moyë en apportant la miséricorde de Dieu à tout le monde, en particulier aux pauvres et aux abandonnés dans l’esprit d’abandon à la Providence – de simplicité – de pauvreté et de charité.

Du 17 au 21 juillet 2024, une rencontre a eu lieu à Transua avec la participation des jeunes filles de la région. Les sœurs ont partagé avec elles ‘‘l’appel de Dieu à collaborer avec Lui dans le champ de la mission’’. Les jeunes découvrent également “l’esprit de la Congrégation de la Providence’’ ; elles apprennent aussi à prier pour trouver la volonté de Dieu….. Elles ont eu le temps de vivre ensemble dans l’amitié et le partage sincère de la vie fraternelle.

RENCONTRE DES JEUNES FILLES A TRANSUA

DU 17 AU 21 JUILLET

Semer les germes…. semer les germes…. Avec l’espoir qu’un jour ces jeunes germes émergeront et deviendront de bons arbres.

"Paul a planté, Apollos a arrosé, Dieu a fait grandir."

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